Le docteur Gayraud est né à Murat le 26 janvier 1873. Il était le fils de Barthélemy Gayraud, cordonnier à La Pise, et de Marie Guiraud. Il a épousé, le 12 juin 1900, à Béziers, Antoinette Cécile Lacroix. Il a été médecin, maire de Murat-sur-Vèbre de 1920 à la Libération. C’était politiquement un conservateur modéré, ami du baron Reille-Soult, inamovible député..

Il a eu un frère lazariste à Damas, où il a été directeur d’un collège, où les cours étaient donnés en quatre langues (français, anglais, turc et arabe) et où a été formé le petit-fils d’Abd-el-Kader. Un autre frère du docteur Gayraud est resté horloger à Murat et sa descendance occupe la maison familiale.

Barthélemy Gayraud aurait voulu être médecin dans la Marine Nationale, mais son père ayant appris que le fils du docteur Victor Rascol ne voulait pas s’installer à Murat, mais dans l’Hérault moins rude, son père lui intima l’ordre de venir s’installer à Murat.

A la guerre de 14, il a été grièvement blessé en allant relever des blessés. Il fut rapatrié sur Paris, où il dirigea un hôpital créé pour la guerre chez les Sœurs de Saint-Vincent de Paul, rue du Bac. Après un retour au front, il revint à Murat en 1917 pour soigner les gens suite à une épidémie de grippe espagnole.

Il exerçait ses fonctions de médecin aussi dans l’Espinouse, où il se rendait à cheval, tout en lisant. Ses expéditions dans l’Espinouse sont légendaires. A Salvergues, les demoiselles Gros savaient qu’il aimait les œufs et elles préparaient six œufs et un tindélou, dès qu’elles entendaient arriver le cheval du docteur Gayraud.

Ses tournées dans l’Espinouse étaient harassantes et, une fois, il était rentré complètement fatigué, alors qu’il y avait beaucoup de neige, intimant à sa femme de dire que si quelqu’un venait il n’était pas là. Des personnes de l’Espinouse arrivent justement et sonnent à la porte. La femme appliqua la consigne reçue, mais les trois hommes venus jusque-là ont tellement crié que le docteur est apparu à la fenêtre et leur a dit « Je viens ! ». La femme dépitée lui dit qu’elle ne le recommencerait plus et nos hommes tracent un chemin dans la neige et après des efforts surhumains, ils arrivent devant la maison et frappent à la porte. Un homme apparaît à la fenêtre : «Il n’y a pas de malade ici ! » et referma la fenêtre. La femme était guérie. Les accompagnateurs se sont éclipsés et notre docteur était dans la neige et l’obscurité.

Et tant d’anecdotes de ce type. Le docteur Gayraud eut en 1912 la première voiture de Murat, une Delage.

Les 14 et 21 décembre 1919, le docteur Barthélemy Gayraud bat Louis Vieu, compte tenu à la fois de la nature de l’électorat du canton, favorable au baron Reille-Soult et de la conjoncture électorale qui allait donner la Chambre bleue horizon. La première élection est sans appel contre le sénateur. Un blanc a battu un rouge !

Louis Vieu, sénateur, conseiller sortant, 361 voix ; Barthélemy Gayraud, 428 voix ; 823 votants ; 1048 inscrits.

Aux élections cantonales de 1932, aucun candidat ne lui fut opposé.

Même s’il n’était pas grand, il avait été un homme athlétique dans sa jeunesse. Une fois il dévalait à toute vitesse avec sa bicyclette la descente de La Mouline (côté Hérault), quand il vit, après le virage, une charrette en travers qui barrait complètement la route. Il se dit alors qu’il n’avait que deux solutions, soit se lancer dans le ravin, soit faire un saut périlleux par-dessus la charrette en sautant sur les pédales. C’est ce qu’il fit en retombant de l’autre côté sur ses pieds devant le charretier médusé.

Categories: Le blog

Laisser un commentaire

En savoir plus sur La gazette des amoureux des monts de lacaune

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture