La mémoire de la famille Fusiés est fortement liée à l’aventure des diligences, en particulier celles en direction de Castres ou surtout de Saint-Gervais. On en voit la trace sur les murs de l’Hôtel, encore aujourd’hui. La famille Fusiés a, parait-il possédé plusieurs centaines de chevaux, achetés à l’Armée à Castres. Et dans la foulée, cette famille a su proposer un accueil touristique de très haut de gamme.

Dans Courriers et diligences, Alain Robert écrit : « Quand les chemins furent rendus carrossables pour de grosses voitures a chevaux, la famille Fusiès participa à la création de plusieurs lignes de diligence. Pour cela M. Fusiès dut établir de nombreux relais, de Castres à Lacaune, de Murat à Saint-Gervais, ainsi que dans d’autres endroits.

Dans chaque relais, suivant la fréquentation du chemin par les voituriers ou les malle-poste, il y avait dix à vingt chevaux, prêts à partir. En ces endroits, les chevaux de la diligence étaient remplacés. Les charretiers pouvaient également louer un canasson pour venir en renfort de leurs propres bêtes. C’était tous les jours le cas au relais de Saint-Gervais pour gravir la Croix de Mounis ou à celui de Saint-Pons-de-Thomières pour monter le col du Cabaretou. En haut de la côte les chevaux étaient relâchés et regagnaient seuls leur écurie. Dans les relais de poste les chevaux attendaient souvent tout harnachés ; il fallait perdre le moins de temps possible au changement de chevaux. »

En effet, le développement des diligences est possible dès lors que les réseaux routiers sont ouverts. Du côté de Castres, le moteur a été l’acheminement du courrier. Il y a moins de trafic de voyageurs ou de marchandises. La famille Fusiés avait créé une antenne familiale à Brassac. La fin de la liaison s’opère avec l’arrivée du petit train au début des années 1900. 

Je rappelle par ailleurs les propos prêtés au sénateur Louis Vieu qui avait connu l’époque où pour aller de Castres à Murat, il fallait prendre la diligence. De ce périple, il disait “Aller à Paris, ce n’est rien, mais gagner Murat, comme pour L’Enfer de Dante, il faut quitter toute espérance”.

Du côté héraultais la principale liaison par La Mouline n’a été possible qu’à partir de 1840, avec la création de ce pont. Ainsi l’ouverture de la ligne de Lacaune vers la vallée de la Mare est une affaire de la seconde moitié du XIXe siècle jusqu’en 1914. Avec le développement de la vigne avec le chemin de fer, d’un côté ; le développement du thermalisme, d’un autre,  Lacaune offrait un champ d’action à la famille Fusiés aussi bien pour assurer les liaisons avec le Pays bas que pour accueillir les riches touristes désireux de profiter de l’air frais et des succulents mets réalisés à partir des produits tirésde la pêche, de la chasse ou du braconnage.

Du côté de La Salvetat, les Héraultais affluaient depuis Saint-Pons.. L’Hôtel Cabérac était là pour accueillir les touristes de haut de gamme. Voilà la diligence devant l’auberge du Cabarétou. Plus tard, ce sera l’Hôtel Cros qui prendra le relais.

Le génie de la famille Fusiés, c’est d’avoir maintenu à Lacaune un accueil de grande qualité jusqu’à son départ. Si nous avons encore des restaurants honorables, il n’y a plus comme autrefois dans notre ruralité des tables d’excellence.

Pierre Fusies, son père, son beau-frère, Maurice Friedlander et Jules Fusiés

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