Antoine Cambon naquit le 8 juin 1789 et fut baptisé le jour suivant par le pasteur Lanthois. Antoine Cambon a reçu les prénoms de Jean Jacques Antoine Alexandre, mais reste connu sous le nom d’Antoine Cambon. Il a été maire de Lacaune, de 1819 à 1821 et de 1830 à 1848. La rue où se trouve la Maison des services publics porte son nom.
Il a eu le pasteur Moziman comme précepteur. Sa jeune maman n’avait que 21 ans à sa naissance, tout en ayant déjà donné la naissance déjà à deux filles ! C’était une personne de qualité célébrée par le capucin Venance Dougados. Elle a construit le château de Basse-Vergne, propriété dont elle avait hérité de son père, qui avait été officier dans l’armée du Roi de France, mais aussi dans celle de la Maison de Savoie.
Antoine Cambon a hérité de son père de la mythique ferme de Cambiès et de sa mère de celle de Basse-Vergne.
En tant que maire de Lacaune, il a œuvré à élargir la route Castres-Saint-Gervais dans la traversée de Lacaune. Surtout son action a été tournée contre les usurpations de communaux par Joseph Terral, ancien député à la Convention et propriétaire de Martinou. Antoine Cambon lui reprochait de s’être accaparé des communaux autour de Martinou, en étendant de façon abusive le territoire de cette propriété qu’il avait héritée de son grand-père, Cabanel, qui lui-même l’avait achetée aux Cariès de Sénilhes. D’après le compoix de 1686 de Lacaune, cette propriété n’avait que 33 hectares et Terral ou ses prédécesseurs l’avaient sacrément agrandie en s’étendant sur les communaux voisins en la portant à 200 hectares, créant La Sagne de Martinou, Poutras et La Sagne du Loup.
On pouvait faire remarquer à Antoine Cambon, qu’aussi bien à Basse-Vergne qu’à Cambiès, les surfaces des propriétés excédaient largement celles indiquées dans les compoix.
L’extension des fermes au détriment des communaux tenait à l’explosion de la population depuis 1750 et il fallait bien faire vivre tout ce monde. Des paysans ont créé de nouvelles fermes, ce sont ces maisons en ruine dans nos montagnes. Dans les grandes fermes, l’excédent de population a fourni une main-d’œuvre peu chère qui s’est attaquée au défrichement des communaux voisins pour le compte des grands propriétaires qui ont vu leurs fermes prendre de la valeur.
Si les fermes de Basse-Vergne ou de Cambiès ont occupé les vacants avoisinants, ceux-ci n’étaient pas revendiquées par d’autres voisins et ils ne s’étendaient pas à l’infini et une fois qu’on les avait occupés, il n’y avait plus rien à récupérer.
Tandis qu’à Martinou, il y avait, à côté, d’immenses étendues communales et de plus cette occupation contrariait les gens de Lacaune, souhaitant conserver des pâturages ou des bois communaux.
Antoine Cambon a laissé un bon souvenir. Après le décès du général Barrau de Muratel, il achète son hôtel de la place du griffoul et revend le sien aux Sœurs de la Présentation. Après le départ de celles-ci, la mairie l’a acheté et l’a mis à disposition du Musée du Vieux La Caune.
Antoine Cambon a été aussi conseiller général, en même temps que maire jusqu’en 1848. À partir de cette date, il n’exerce plus de mandat public.
Il vivait un drame terrible avec une de ses filles qui était folle et qui, après la mort de son père vivait enfermée dans une tour de Basse-Vergne et à qui on portait à manger comme à un chien.

Basse-Vergne
A Cambiès, il avait comme métayer la famille Guiraud de la Métairie Neuve (à côté de Murat). Elle est restée très longtemps, alors que le fonctionnement du métayage pouvait générer quotidiennement des conflits. Cela prouve une excellente volonté de part et d’autre.
Le bail de Cambiès de 1844 est précieux car il donne des précisions sur l’économie agricole d’alors. On produisait alors encore seulement des moutons viande et non des fromages.