Dans les recherches menées dans le cadre du Centre de Recherches du patrimoine de Rieumontagné, nous ne nous sommes jamais interrogés en quoi consistait réellement le foulage des étoffes.

En occitan foulon se dit parador (<paradou>). il y a à Lacaune la mémoire du moulin de paradou. À Condomines, y avait sous la Restauration une importante activité textile et la maison voisine de l’église de ce village avait un foulon, comme l’avait relevé le curé de ce village dans la monographie publiée par le CRPR.

La lecture du roman Taillevent de Ferdinand Fabre (né à Bédarieux le 9 juin 1827 et mort à Paris le 11 février 1898) m’a fait découvrir la vie quotidienne dans les montagnes de l’Espinouse au XIXe siècle. C’est passionnant de découvrir la richesse des détails de l’existence alors dans ces montagnes sur les communes de Cambon, de Castanet-le-Haut et de Rosis. Pour la mémoire de nos racines dans la partie héraultaise de notre communauté de communes, Taillevent est un ouvrage majeur. Par exemple, on voit qu’on faisait des textiles avec des fibres de genêts, qui servaient à faire les brisaoudes.

Dans le roman en question, une famille de l’Espinouse avait une double activité : éleveurs de brebis jusqu’à l’automne, fabricants d’étoffes l’hiver. Un jour, ils prennent conscience que cette production est trop rustique et sont conduits à envisager de se déplacent vers Saint-Pons pour investir dans un foulon, afin d’avoir des productions mieux adaptées aux nouvelles exigences du marché.

Ceci m’a conduit à rechercher quelle a été l’évolution des techniques de foulage des étoffes au XVIIIe et au XIXe siècle, en interrogeant ChatGPT :

L’évolution des techniques de foulage des étoffes au XVIIIe et XIXe siècle reflète les avancées technologiques et les changements dans les méthodes de production textile de cette période. Le foulage, ou le feutrage, est un processus de traitement des étoffes, en particulier les tissus de laine, pour les rendre plus denses, plus résistants, et améliorer leur texture. Voici un aperçu de cette évolution :

XVIIIe siècle :

  1. Méthodes Traditionnelles : Au début du XVIIIe siècle, le foulage était encore largement réalisé à la main ou avec des moulins à foulon, des dispositifs mécaniques simples actionnés par l’eau. Le tissu était martelé ou foulé dans une solution de savon ou d’argile pour comprimer les fibres de laine, les feutrer, et améliorer leur consistance.
  2. Usage de moulins à foulon : Ces moulins utilisaient des marteaux en bois, actionnés par des roues hydrauliques, qui tapaient régulièrement sur les étoffes pour les feutrer. Les moulins à foulon étaient répandus dans les régions où l’eau était abondante, et leur utilisation augmenta progressivement au XVIIIe siècle.
  3. Innovation limitée : Le XVIIIe siècle ne vit pas de révolution majeure dans le foulage des étoffes, mais les techniques traditionnelles furent perfectionnées et standardisées. Le processus restait cependant lent et nécessitait beaucoup de main-d’œuvre.

XIXe siècle :

  1. Industrialisation et Mécanisation : Avec l’avènement de la Révolution industrielle, les techniques de foulage furent profondément transformées. La mécanisation des processus devint la norme, avec l’introduction de nouvelles machines à vapeur qui augmentaient la capacité de production.
  2. Foulons mécaniques avancés : De nouvelles machines plus sophistiquées furent développées pour remplacer les moulins à foulon traditionnels. Ces machines utilisaient des rouleaux, des cylindres et d’autres mécanismes pour fouler les tissus de manière plus uniforme et rapide.
  3. Traitements chimiques : En plus de la mécanisation, des procédés chimiques commencèrent à être utilisés pour faciliter le foulage. Ces traitements permettaient de mieux contrôler la texture et la densité des étoffes.
  4. Amélioration de l’efficacité : Les nouvelles techniques permettaient une production à plus grande échelle avec une meilleure uniformité des tissus. Les étoffes foulées de manière industrielle étaient plus homogènes en termes de qualité et répondaient aux besoins croissants du marché textile.
  5. Impact social et économique : Ces avancées ont radicalement transformé l’industrie textile, réduisant le coût de production des étoffes et rendant les tissus de qualité plus accessibles. Les foulonniers traditionnels furent souvent marginalisés ou contraints de s’adapter aux nouvelles méthodes.

En résumé, du XVIIIe au XIXe siècle, le foulage des étoffes est passé de techniques artisanales principalement manuelles à des procédés industrialisés et mécanisés, entraînant une augmentation significative de l’efficacité et de la production dans l’industrie textile.

L’historien Rémy cAZALS , le meilleur connaisseur de notre histoire locale apporte ces précisions :

Je pense qu’il n’y a jamais eu de foulage à la main puisque les pieds existaient. On foulait les étoffes avec les pieds à Pompéi. Au Moyen Age on avait déjà les moulins foulons.

Les moulins foulons sont déjà des petites usines. Ils fonctionnent à l’énergie hydraulique, avec arbre à cames et marteaux. Ce n’est pas du tout un travail manuel. Plusieurs documents sur les moulins foulons de la région sont reproduits dans mes livres.

Au XVIIe siècle, dans les diocèses de Castres et de Lavaur, on a ajouté une tonne sur laquelle on effectuait le garnissage des tissus ; la tonne était également entrainée par la roue hydraulique.
La machine à vapeur a été introduite tardivement dans notre région. Longtemps la roue hydraulique suffisait aux besoins en énergie.

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