Ce domaine est important pour notre communauté de communes.
André Roque en a décrit l’histoire dans son livre sur l’Espinouse :
La Peyroutarié :

Ce lieu se trouve à 400 mètres de la chapelle de Saint-Martin-du-froid sur le prolongement du même plateau. Le nom veut dire «monceau» ou «tas de pierre» (Peiro-tas). Antérieurement propriété de prêtres, la bâtisse avait été bordée d’une haie de douze sapins symbolisant les apôtres comme le montre la photo datant de plus d’un demi-siècle. C’était une simple grange avec un semblant d’habitation pour les bergers.
Comme la chapelle Saint Martin, elle est située en bordure de l’Espinouse là où le versant « s’écroule » vers les pentes du Caroux.
Vus de l’extérieur les piliers de l’ancienne grange dénotent une construction du XIXème, peut être en même temps que la reconstruction de la chapelle.
Les bergers et paysans montaient de Bardou faucher ces plateaux et engrangeaient le foin dans ce lieu qu’ils redescendaient sur le dos dans des «banastes » l’hiver par le sentier descendant de la chapelle au pont d’Héric et remontant à Bardou. Ce dernier, situé au pied de l’Espinouse, autrefois habité par des bergers, a été sauvé et entièrement restauré en l’état grâce à des étrangers (Allemands). C’est un très bel hameau aux ruelles caladées bordées de petits murs en pierre sèche qui soutiennent là un jardinet là un terrain.
Pour en revenir à la Peyroutarié, tout ce que l’on sait c’est que cette grange était la propriété de deux prêtres de Maureilhan (34). C’était un lieu d’estive.
En 1950, Mme Colette Robert de Béziers (34) tomba sous le charme de ce lieu et en fit l’acquisition aux deux prêtres de Maureilhan.
Pour cette dame, la restauration de ce lieu ne fut pas de tout repos. D’abord par son éloignement de tout lieu d’approvisionnement (5 à 6 kms), sans chemin carrossable, et surtout dépourvu d’électricité. Louisou de Cambon, avec sa jeep, charria plusieurs fois du ciment. Il était le commissionnaire attitré de cette dame.
Les premiers travaux furent effectués par un maçon de Riols dit «Pépet ». Celui-ci, même une fois commandé n’en faisait qu’à sa tête, et si le maître des lieux lui demandait de changer sa façon de faire, il n’en tenait pas compte. Et le patron le menaçant: «je vais vous mettre dans le pesquié » et de renchérir «je vais chercher le fusil !.» Et Pépet répondait : «Sabes Moussu, mourri négat, mourri tuat, es toujourn mourri !.»
Plus tard, les deux ailes seront rajoutées aux deux extrémités de la grange.
Pour l’électricité, une éolienne fut instalée avec 52 bateries de 2ampères donnant ainsi du 10 Volts. Les artisans de Murat tels que Albert Roque pour l’électricité, Louis Jais pour la menuiserie, Marius Record pour les ferronneries avec son collègue Ernest Granier participeront à cette restauration. S’ils n’avaient pas de moyen de locomotion, cette dame venait les chercher et les gardait bien sûr à sa table.
Le forgeron du Cabaret de Douch, Henri Roussel, fera les balconnières de cette demeure.
Dans ce lieu très isolé, Madame Robert avait pris comme «gardien» de célèbres Bergers Belges, qu’elle présentait à des concours (Espagne, Russie.).
Ele était très amie avec l’auteur des poèmes Clément Vieu, qui venait souvent en ce lieu éloigné et rédigera son poème dédié à la chapelle proche.
En avril 1998, cette dame fera don de la demeure de la Peyroutarié et de ses 13 hectares à l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage, tout en conservant la jouissance pour que ce dernier en garantisse la protection durable.
Après son décès, en décembre 2 000, une opération d’aménagement du site a été entreprise qui est devenu un site protégé à l’intérieur de la Réserve Nationale du Caroux Espinouse.
Ayant pour objectif :
– la restauration de tourbières d’habitat ouvert en vue de la protection de la biodiversité du site protégé, des coupes de résineux ont été effectuées car les racines asséchaient les tourbières ;
– l’entretien de ces habitats par le pastoralisme en introduisant des chevaux sauvages les Koniks polskis, «les proches parents »de al race Tarpan ayant vécu en Europe de l’Est (Pologne Russie) ;
– l’animation scientifique en collaboration avec leCPIE (Centre Permanent d’initiative pour l’environnement) du Haut Languedoc Héraultais.
Le vent ayant tombé l’éolienne, l’électricité est fournie par des panneaux photo- voltaïques.
Proche de la Peyroutarié, il y avait la ferme en ruine de la Ferrière, autrefois appelée Perrière (les plans cadastraux l’écrivent Parrière). Ferdinand Fabre l’a peut-être prise comme modèle dans son livre «Taillevent »où li écrivait: «Jacques Servières, hardi pionnier de l’Espinouse, aidé de ses quatre fils, quatre gaillards robustes et déterminés, fit reculer les pierrailles, découvrit des lambeaux de bonne terre, les fertilisa moyennant une irrigation habile, obtint de l’herbe, trouva des bêtes à engraisser, put fumer son domaine, finalement combla son boursicot à souhait. »
Interrogés, les gens de là-haut se souviennent d’une famille, qui avait aussi quatre enfants, et qui vivait à un lieu dit appelé la Forest. Le plus jeune s’appelait Jean (Janel), ses frères el tabassaient et se moquaient de lui et lui disaient: « Janel as cagat al panel…» (Jean tu as fait dans les pantalons…).
On a du mal à retrouver la Ferrière, il n’y a que des pierres, tout est planté en sapins. Seul le ruisseau coule à ses portes et va rejoindre celui de la Roque.
VOILÀ MAINTENANT CE QU’EN DIT L’OFFICE FRANÇAIS DE LA BIODIVERSITÉ :
En résumé :
L’Office français de la biodiversité est co-gestionnaire de la réserve nationale de chasse et de faune sauvage (RNCFS) Le Caroux-Espinouse en Occitanie.

La réserve nationale de chasse et de faune sauvage Le Caroux-Espinouse. Crédit photo : Christian Itty
La réserve nationale de chasse et de faune sauvage Le Caroux-Espinouse est un des plus anciens espaces protégés de la région et de France.
Le premier statut de protection de cet espace naturel date de 1956 et fait suite à un projet de Parc national du Caroux qui a émergé dans les années 1950.
Le statut de la réserve a ensuite évolué au cours de plusieurs arrêtés successifs (1973, 1976…). Le dernier arrêté ministériel date de 1999 et confirme le classement de cet espace de 1 658 hectares en réserve nationale de chasse et de faune sauvage, au sein du Parc naturel régional du Haut-Languedoc.
Habitats et espèces de la réserve
Si l’objectif de la Réserve fut au départ l’introduction et la sauvegarde du mouflon de Corse, espèce qui était menacée de son habitat originel, il a par la suite évolué pour se diversifier dans la sauvegarde de la biodiversité de manière générale, ainsi que dans la préservation de milieux naturels d’une grande qualité écologique.
Aujourd’hui, le mouflon est présent sur l’ensemble du massif du Caroux-Espinouse sur plus de 20 000 ha. C’est la plus grande population de France de cet ongulé sauvage. L’espèce est étudiée dans la réserve par des protocoles scientifiques de capture-marquage-recapture depuis 1974. C’est un des sites d’étude les plus anciens au monde sur le suivi d’une population d’ongulés.
Par ailleurs, la réserve poursuit des objectifs de connaissances et d’études scientifiques forts depuis plus de 45 ans, en matière de recherche sur le fonctionnement des populations, des liens entre les espèces sauvages et leur habitat, ainsi que sur l’impact des activités humaines.

Groupe de mouflons marqués. Crédit photo : Christian Itty
Cet espace protégé est également l’objet de mesures de gestion des espèces et des milieux naturels pour conserver au mieux tous ses intérêts écologiques.
