Il ne s’agit pas ici de parler des mesures pour éviter le changement climatique en réduisant les émissions de CO2. Nous attacherons à examiner les conséquences du réchauffement qui, de toutes façons, existe. Nous donnerons la parole à divers acteurs.

LE POINT DE VUE DE CLAUDE CROS D’ARNAC

Claude CROS est le sympathique et dynamique président de la Clote d’Arnac. Son dernier poste au siège de RAGT était : Chargé de Mission Sponsoring et Relations extérieures ,mais sans oublier Cadre commercial  Il n’a jamais oublié les fondamentaux des budgets ,même sur le Tour de France et lors de la coupe du monde de rugby en tant que responsable et initiateur du concept l’Esprit Sport qui définissait le cadre des actions commerciales.
Ces actions sont encore aujourd’hui menées par son successeur  à travers et autour d’événements sportifs :gazons et golfs stades etc …incentives clients invités, distributeurs et agriculteurs  sur évènements que nous sponsorisons  et bien entendu à l’époque  autour de notre propre équipe cycliste … Ragt à suivi la caravane du tour jusqu’en 2020 …
Claude me chambre un peu !

Robert Pistre


Le Monastère et Arnac 21 Novembre 2022 
A mon humble avis, quoi que l’on puisse écrire sur ce sujet, ne sera qu’une nano-information à l’échelle de l’immensité du temps qui confectionne de grands bouleversements à notre planète terre ! Mais devant l’immense œuvre patrimoniale que vous avez confectionné tout au long de votre existence même professionnelle, il est important pour moi de tenter une dernière fois d’apporter dans votre édition quelques gouttes d’eau (d’huile) à votre lampe de grand éclaireur. C’est donc autour du débit du Dourdou que l’on va tenter de mesurer l’impact de la hausse tant médiatisée des températures ! 
           Notre vallée du haut Dourdou possède des vestiges géologiques qui témoignent de minimum 500 millions d’années et bien analysées par notre géologue Lucien MATHIEU qui d’ailleurs fit une donation d’une partie de ses découvertes au musée de Rieumontagné . Grâce à l’étude de nos roches et profils naturels plus ou moins érodés et dégradés, datant des grands booms, on peut affirmer que le chaud et le froid ont de tous temps façonné notre planète bleue et notre  petit territoire.

            Il est donc urgent de modérer les propos de certains grands éclaireurs ou lanceurs d’alertes (expression en vogue en ‘’chebran’’ ),afin de ne pas sombrer dans un pessimisme excessif et mettre en place trop rapidement des actions correctives qui s’avèreraient plus néfastes qu’efficaces à terme . 
            Oui l’année 2022 bat des records de chaleur et nos cours d’eau en témoignent. Cf photos du Dourdou automne 2022 à Arnac qui se situe à environ  15 kms de sa source, et cependant gonflé de ces 3 affluents ruisseau de Pente, l’Espeyre, et le Sarlenc ..Il n’est pas plus brillant 20 kms plus bas ,photo prise au pont submersible du Mas de Jean après Camarès ,pourtant gonflé de nouveaux affluents et en période de non irrigation dans la plaine ..
 
Effectivement ‘’tristounet’’ notre Dourdou ,mais  la carte postale de 1907 (cf photo )est bien pire puisque il est à sec entre les deux ponts .. . . En 1946 il en fut de même, témoignages recueillis d’anciens toujours bien vivants.

D’ailleurs ces mêmes personnes souvent agriculteurs vous rapporteront que les moissons à la faucille puis à javeleuse se faisaient régulièrement sous d’énormes canicules et que la sieste s’imposait surtout quand on avait attaqué à la fraîche ! Les battages à poste fixe devant nos gerbiers ont laissé également de grands souvenirs de coup de chaud et de coupes soif de toutes natures permettant également de rincer nos gosiers empoussiérés !
           Une culture spécifique adorant certes l’eau mais le soleil et la chaleur, fut l’épopée de la fraise dans toute notre vallée pendant près de 50 années. Là encore l’homme avait su s’adapter et les nombreux canaux et béals parcourant collines et bords des champs et près sont encore là pour en témoigner. Il y avait des chaussées partout (retenues souvent dénommées pansières). Les vieux compoix en sont également la preuve que l’organisation autour de ‘’la ressource eau’’ remonte à plusieurs siècles. La culture de la luzerne, excelle dans nos vallées car puise sa ressource en eau en profondeur et a fait le bonheur des éleveurs du bassin de Roquefort jusqu’à nos jours, mais cela demande un travail urgent de recherche et de sélection pour accroitre encore plus sa pérennité et rusticité.
   L’industrie du bois y est toujours prospère même si les essences ont évolué, on trouve moins de peupliers très gourmands en eau, mais bois de chauffage et résineux y poussent ou repoussent à merveille en cas de coupe rases. Les surfaces importantes de châtaigniers jusqu’aux années 60 ont été en partie abattues pour leur teneur en tanin, et ont progressivement laissé place à des résineux ou bois de chauffe. Cependant ils résistent toujours et de très vieux arbres probablement bicentenaires (tel des baobabs africains) sont le signe d’une bonne vigueur toujours présente aussitôt que l’on s’occupe d’eux, et donnent de très beaux fruits chaque année. Quelques nouvelles plantations résistantes à des maladies tel le chancre ont été réalisées et ce sont bien installées, preuve que le climat n’a pas beaucoup changé dans notre haute vallée. Important de souligner le travail que nécessite cette culture qui permit à nos ainées de vivre en autosuffisance tellement ce fruit était nourricier tant pour l’homme que pour les animaux qu’il élevait !   
Seules les industries du textile ont disparu et n’utilisent plus l’énergie hydraulique du cours d’eau, idem certaines scieries. Celle d’Arnac fut d’ailleurs emportée en partie par la crue de 1930  
Le réchauffement   semble nous apporter des répartitions de pluie légèrement différentes, mais au niveau quantité tombée notre vallée est toujours très verte et n’est pas encore à classer à haut risque incendiaire. Certes la population ayant fortement décru, moins d’entretien et plus de broussailles, faut éviter les barbecues en lisière de village : message pas toujours facile à faire passer auprès des promeneurs ou vacanciers de passage, mais globalement ça se passe bien ! 
Un petit clin d’œil : les cèpes, cette année hyper-chaude ont refait une belle sortie, d’ailleurs assez tardive après Toussaint, alors que nous commencions à douter ! C’est un excellent ‘’marqueur météo’’ comme le crapaud ou la salamandre pour la pollution !
 
Et voilà qu’à peine à mi-novembre, le thermomètre se met à la baisse et déjà les chaines de télévision sont braquées sur la tempête de neige aux USA (2m en 24 h) et les moins 20°qui l’accompagnent : parfois quelques semaines après c’est notre pays qui déguste ! Alors gageons que le signal d’Eco watt restera au vert le plus longtemps possible. 
Puisqu’il pleut et suffisamment, stockage puis redistribution, c’est vraiment de ce côté que l’on devrait regarder, comme le réussissent parfaitement nos voisins Espagnols et leurs 4000 Kms de canaux, bien entendu confortés par leurs grands barrages ou retenues, avec une pluviométrie parfois plus faible que la nôtre. Arnac et sa vallée auraient pu ressembler à Avène village voisin de l’hérault avec la construction du barrage ,au cours des années 50 , car entre dompter le fougueux Dourdou qui faisait d’énormes dégâts avant de se jeter dans le Tarn et constituer une réserve d’eau pour une agriculture de plaine compétitive, voire de l’hydro électricité ,des entrepreneurs  avaient imaginé constituer un barrage dans sa partie sauvage : ils durent y renoncer car les études du sous-sol ont fait ressortir de trop grandes zones caverneuses avec même des grottes très profondes sur les bordures, qui ont rendu le projet impertinent.    
Heureusement que des départements comme Aveyron, Tarn et voisins héraultais ont pu tout de même mettre en place des barrages et une belle industrie hydro électrique, qui aujourd’hui est devenue en même temps la ‘’locomotive’’ d’une superbe industrie touristique.
Mais à Arnac comme dans toute sa vallée le Dourdou coule depuis, tout aussi librement (il aurait même sauf erreur accéléré sa vitesse de plus de 20’sur 40 kms) et l’on peut apprécier son niveau sur les échelles récemment disposées sur nos édifices permettant de le traverser même en crue mais toujours avec prudence, car certains de ces édifices ont parfois été emportés ou endommagés ! (cf photos dont crue historique de 1930 )  

Ce sont les fameux épisodes cévenols d’automne ou de début printemps, mais au cours des hivers et de façon imprévisible l’été il devient en à peine quelques heures un redoutable torrent qui dévale vers le Brusqués … Bien qu’au Sud Aveyron à moins de 60 kms de la Méditerranée, paradoxe de la géologie et de la topographie, il se déverse dans le Tarn qui via la Garonne apporte notre eau à Bordeaux la capitale du célébrissime vin, pourtant 350 kms plus à l’Ouest !
Alors pour conclure de façon réaliste et pragmatique, c’est coté habitants que l’on peut mesurer les plus gros déficits ; en 70 ans nous avons perdu plus de 100 habitants, non du fait du réchauffement, mais de l’isolement dans lequel nous nous sommes retrouvés ! Loin des jobs modernes et lieux d’études et du fait de la très forte attractivité des villes. Mais la roue tourne et petit à petit on s’aperçoit que même les déserts exercent leur pouvoir d’attraction ! L’arrivée de la fibre et de l’industrie éolienne en périphérie devraient apporter de nouvelles ressources et attirer des personnes en manque de sérénité et d’air pur, mais aussi des jeunes grâce au télétravail et aux emplois à créer autour du soin aux personnes et de la pyramide du vieillissement. Les années covid nous ont fait connaitre et la circulation du tourisme liée aux périodes de grand beau temps devraient favoriser un accroissement du tourisme vert et de futurs résidents ! 
Alors + 1 degré voire 2, ou serait le problème …et comme les petits ruisseaux font les grandes rivières apprenons à stoker l’eau pour éviter, inondations, débordements marins et chassons les peurs, surtout pour accompagner notre agriculture si généreuse, petits comme grands producteurs, qui ont besoin d’un soutien sans faille des consommateurs !                                       
                                                                              Claude CROS

Echelle  des crues passerelle d’Arnac /Dourdou, en zoomant la photo , les plaques 1982 et 1930 sont bien visibles également 

CONSIDÉRATIONS DIVERSES

Le tourisme
La température est atténuée par l’altitude (0,6º tous les 100m). Aussi notre région a déjà bénéficié de l’arrivée de touristes venus chercher la fraîcheur, en fuyant les chaleurs étouffantes des zones de basse altitude.
Nos plans d’eau et nos forêts ombragées sont des atouts incontournables à toujours mieux valoriser.
Nous avons aussi un potentiel à développer dans le cyclotourisme, avec les circuits qui plongent sur l’Hérault, voire l’Aveyron.

Le défi de l’eau
(Marie Casarès) Depuis 2003 je suis obligée de reconnaitre que les saisons ne sont plus ce qu’elles étaient.  À sa naissance, la source Agout depuis plusieurs années ne donne pas d’eau à partir du mois de juin et je constate que cette année en particulier nous avons eu un été très chaud et qu’on pouvait traverser la rivière à gué. Les arbres se déshabillent de leurs feuilles pour mieux résister.

(Raymond Cavaillès) L’eau c’est la vie ! Oui il va falloir s’organiser, économiser l’eau dans tous les domaines. Le fermier avec son troupeau de 400 brebis environ consomme 3 à 4000 litres par jour !

Divers intervenants reviennent longuement sur ce sujet.

L’évolution de l’agriculture
(Jean-Paul Machet) Je pense qu’il faudra mettre en œuvre un très grand nombre d’idées qui vont se révéler progressivement et qui toucheront : les arbres, les réserves d’eau, les plantations (par exemple moins de maïs et plus de sorgho), les réserves d’eau, les pratiques d’élevage, les aménagements ruraux et citadins, l’habitat, les énergies, les transports, …
Il faudrait installer dans les différentes régions de France concernées des cellules qui seraient chargées d’identifier, de recenser, de valider et de communiquer les nombreuses innovations et les (encore plus nombreuses) bonnes pratiques.
Il y a sûrement beaucoup à faire sur ce sujet majeur, à la fois en réflexion intellectuelle (amont) et en application pratique (aval).

Action menée en Auvergne-Rhône-Alpes pour répondre au besoin des éleveurs de disposer de mélanges résistant mieux aux stress hydriques estivaux (dus aux sécheresses qui seront plus fréquentes) afin de sécuriser leur bilan fourrager et limiter les achats extérieurs qui pénalisent les résultats économiques des élevages.
Cette action s’inscrit dans le cadre du Pôle d’Expérimentation et de Progrès Bovins Lait, financé par la région Rhône-Alpes. Elle est complémentaire du programme Pour et Sur le Développement Régional et du projet Climfourel. Elle s’est faite en 4 étapes : la détermination de la meilleure combinaison de graines sur micro parcelle, la mise en pratique dans des prairies multi-espèces fauchées avec introduction d’autres espèces de légumineuses, la même expérience mais cette fois-ci avec des variétés méditerranéennes et enfin avec introduction de Chicorée (plante adaptée aux sécheresses).

(François Périer interrogé sur les possibilités ouvertes par de nouvelles cultures) Le lin et le chanvre sont des produits incroyables et bien connus de nos anciens.  Les plastiques étant moins chers…ont pris la place mais on peut aussi incorporer lin ou chanvre dans les plastiques
Bonne idée et en plus les graines de lin sont très bonnes pour les régimes alimentaires

LES TOURBIÈRES. Plus que les autres types de zones humides, les tourbières jouent un rôle primordial dans l’atténuation du changement climatique. En effet, les tourbières constituent des puits de carbone très efficaces pour la planète : à l’échelle mondiale, les tourbières ne couvrent que 3 % de la surface terrestre mais stockent deux fois plus de carbone que les forêts (qui couvrent elles 30 % de la surface terrestre) [Ministère de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie]. 

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