photo Marie-Christine Granier
photo Alain Cabrol
l’oeuvre et l’artiste photo Alain Cabrol

Le contexte de l’époque concernant la brebis

Jusqu’au milieu du XIXe siècle, les transports à longue distance dans notre secteur se faisaient uniquement à dos de mulet. On appelait voituriers ceux qui pratiquaient ce genre de transport.

Dans ce contexte, on ne pouvait élever les brebis que pour la viande ; les moutons partaient à pied vers les lieux de consommation. La laine fournissait un utile complément de revenus. La famille Vergnes de Lugan (de Barre) avait pour cela amélioré la race locale en pratiquant des croisements avec des Mérinos.

Avec le milieu du XIXe siècle, on assiste au développement des routes. La première créée chez nous est celle de Saint-Gervais avec la mise en service du pont de La Mouline vers 1830. Les autres routes suivront.

Également c’est à cette époque que se développe le chemin de fer.

Ces deux changements sont fondamentaux pour le Roquefort. Avec le chemin de fer on atteint le marché national, pendant que la création des routes permet d’amener de plus loin les fromages pour être affinés dans les Caves.

Qui était Paulin de Naurois ?

Paulin de Naurois appartenait à une célèbre famille de l’Est. Une ancêtre était une sœur de Jeanne d’Arc.

Claude, le grand-père de Paulin avait été le patron de Saint-Gobain à la fin du XVIIIe siècle. Son père, ingénieur des mines était venu à Carmaux après avoir épousé une fille du marquis de Solages.

Paulin est arrivé à Lacaune après avoir épousé Louise de Cluzel, héritière de la grande famille protestante, les Calmels de Lestiès, résidant à Calmels et seigneurs de Lestiès avant la Révolution. Une branche était partie aux Antilles.

Paulin a pris en 1847 le gestion directe la ferme de Calmels et loué les fermes de Lestiès et de Bel Air.

Ce qui a été intéressant pour nous, c’est qu’il a fait tenir à son régisseur un relevé des comptes de l’exploitation au jour le jour. Éric de Naurois nous a donné ce livre de comptes.

Les débuts de la race de Lacaune

Avec ce livre de comptes on peut suivre à la trace les faits et gestes de Paulin de Naurois. Il se comporte comme un Saint-simonien, à l’affût de toute nouveauté pour améliorer l’exploitation (voir l’ouvrage du CRPR De l’arrivée de Paulin de Naurois à Lacaune au lancement de la fameuse race de brebis (1847-1857) édition 2019).

On voit par exemple la création d’un four à chaux un peu au-dessous de Calmels au bord du chemin qui va à Lacaune (il ne reste que la trace de la carrière où il y a une statue de la Vierge Marie). Il s’est procuré le charbon grâce à la création de la mine de Catanet-le-Haut en 1836 et à l’ouverture de la route. Il a abondamment chaulé la propriété. Il développa les prairies artificielles, il acquit du matériel moderne et il améliora tout le cheptel. 

En 1854, Calmels commence à produire des fromages vendus à Roquefort pour y être affinés. On voit que cette opération est fructueuse et on se pose la question de savoir comment améliorer la production laitière d’un troupeau élevé jusque-là pour la laine et la viande. 

L’année suivante, Paulin de Naurois se rend à l’Exposition Universelle de Paris de 1855. Là, il repère les béliers de race anglaise Southdown et en achète le plus cher aux enchères et qui arrive à Calmels en 1856. L’année suivante, il complète avec cinq brebis Southdown. C’est le début des croisements qui conduisent à la race Lacaune qui sera améliorée également par son fils Ludovic. L’objectif était double : lait et viande.

LA RÉALISATION DE L’ENSEMBLE MIS EN PLACE À PAYRAC

Après la publication de l’ouvrage De l’arrivée de Paulin de Naurois à Lacaune au lancement de la fameuse race de brebis (1847-1857), les Amis de Payrac ont décidé de marquer sur le terrain la création de la race de brebis Lacaune. Le sculpteur Jacques Bourges de Lacrouzette a été sollicité. On connaît à la fois son talent de sculpteur et sa créativité pour mettre en scène et imaginer une présentation originale. La Fondation du patrimoine et le crédit Agricole ont été sollicités. L’emplacement a été choisi là où l’été il y a un petit troupeau de brebis race de Lacaune. En fond on voit une Jasse traditionnelle avec un toit en genêt.

photo Alain Cabrol

À gauche une représentation de Paulin de Naurois et au centre une tête de brebis sculptée caractéristique de cette race.

À droite un panneau avec sur la tranche lo pastre (le berger), lo can (le chien), la feda (la brebis), l’anhel (l’agneau), lo marran (le bélier). Et face à de Naurois le texte commémoratif.

photo Marie-Christine Ganier
photo Jacques Bourges

Les photos qui suivent ont été prises lors de la mise en place le mercredi 24 mars 2021.

photo Olivier Razimbaud
photo Olivier Razimbaud
photo Olivier Razimbaud
Équipe de la mise en place le 24 mars 2021 photo Alain Cabrol
photo Alain Cabrol
photo Olivier Razimbaud

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