Une célèbre fratrie de maquignons de Lacaze, Léon, Jean et Antonin Valette, nés vers 1880, a joué un rôle clé dans le commerce des bovins dans notre montagne. 

Alain Robert a publié dans le Cahier de Rieumontagné de janvier 2018 un article très documenté sur cette fratrie. Tous de belle prestance, ils savaient se protéger des importuns, alors qu’ils se déplaçaient avec de fortes sommes en liquide. Leur jugement était sûr et avaient des épouses qui les accompagnaient bien.

Léon s’est marié avec Marie Guiraud de Condomines, où son père était instituteur. On les voit ci-après dans leur jardinière à cheval.

Antonin s’est marié le 10 octobre 1905 avec Maria CALVET de Lacaze. On le voit ici avec un petit-enfant

Léon et Antonin sont restés à Lacaze.

Jean s’est marié à Murat, le 10 septembre 1907, avec Marie AZAÏS, fille d’un négociant du village et sœur de l’épouse du notaire SЀBE

Jean s’est installé à Béziers, où il réceptionnait les bêtes venues de la montagne à pied par la route, mais aussi par train ou par camion de zones plus lointaines. 

On trouve des interventions des frères Valette dès que l’on étudiait un sujet de la première moitié du XXe siècle.

Lors d’un changement de fermier en 1922 à la ferme de la Borie Blanque commune de Moulin-Mage, c’est Léon VALETTE, monté de Lacaze qui a fait l’inventaire des bêtes.

De 1925 à 1931, Louis CAUQUIL ramonet à la ferme de Narulle* commune de Murat, vendait très souvent des vaches aux VALETTE de Lacaze.

Le 17 septembre 1920, Joseph BÉZIAT de Lacaune, Louis RAZIMBAUD de Montégut et Jean DURAND de Lacombe sont verbalisés au col du Pal alors qu’ils conduisaient 50 à 60 veaux de Léon VALETTE de Lacaze. Une condamnation fut prononcée par le juge de paix de Murat, car, pour cause de fièvre aphteuse, on ne pouvait sortir les bêtes hors de sa commune. C’est la preuve que, encore en 1920, on descendait au Pays bas le bétail à pied, avec un grand nombre de bêtes, guidées par trois personnes.

La mémoire orale est fertile. Aimé GINIEIS, de Rouvières, se souvient que VALETTE venait vers Nages acheter des bêtes. Principalement des vaches. Un jour sur une foire, deux escrocs voulurent lui prendre le portefeuille. Pendant que le premier larron discutait avec lui, son compère lui ouvrit d’un coup de rasoir le fond de la poche de la veste pour que le portefeuille tombe. Effectivement, le portefeuille tomba, mais comme il était attaché par une chaînette à la veste, VALETTE s’en aperçut aussitôt. VALETTE qui était de forte constitution envoya un marron (sic) à chaque voleur.

Jean VALETTE s’était installé à Béziers. Le terrain et les bâtiments se trouvaient en pleine ville, à moins de 500 mètres des allées Paul Riquet. Ils faisaient angle avec la rue de La Brasserie et la rue Fortuné Puel. Dans la cour, un quai de déchargement permettait de faire sortir les animaux des bétaillères. Il y avait plusieurs étables pour les vaches, quatre pour les veaux, un abreuvoir et deux écuries où se trouvaient notamment deux juments pour les besoins des déplacements. Elles étaient attelées à une jardinière, plus tard à un sulky.

Jean réceptionnait les bêtes envoyées par ses frères ou celles qu’il était lui-même allé acheter. Il recevait également des bêtes provenant de nombreux acheteurs répartis dans le Massif Central. Plusieurs races étaient privilégiées : Limousines, Salers, Charolaises et plus au sud des Grises du Gers. Les bovins transitaient dans son établissement dénommé La Villette, avant d’être dirigés vers l’abattoir. Elles pouvaient y séjourner d’un jour à une semaine. Rarement plus.

Pour Pâques, les bouchers achetaient un bœuf et l’exposaient attaché devant leur magasin. Certains le promenaient même dans les rues.

A la fin des années cinquante, l’activité La Villette déclina car les bêtes étaient directement livrées à l’abattoir. Par ailleurs, la situation de La Villette en centre-ville devenait de plus en plus gênante pour le voisinage et les contraintes sanitaires. La Villette ferma et Jean VALETTE décéda le 14 juin 1962. Ses frères également à la même époque. C’en était fini de l’épopée des frères VALETTE, les maquignons de Lacaze.

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