Dès qu’apparaissent les premiers batteurs à manège, la ferme de Calmels en achète un, mais les autres exploitations font appel plus tard à deux familles : Bascoul à Nages et Terral à Moulin-Mage qui ont acquis ce type de matériel. Ce fut ne longue compétition sur près d’un siècle entre Pipot et Lou Basquo !
Dans la monographie du domaine de Basse-Vergne, Jean Douarche décrit le battage avec ce genre d’appareil vers 1880 :
Le battage était une opération assez compliquée. Après accord avec l’entreprise de battage qui résidait alors à quelques kilomètres au Moulin-Mage, il fallait aller chercher la batteuse et mobiliser plusieurs paires de vaches pour l’amener jusqu’à l’aire. Là on montait d’abord le mécanisme qui devait faire fonctionner la batteuse proprement dite avec des paires de vaches qui tournaient sans cesse.

Du sommet du gerbier, un homme, fourche en main, faisait tomber les gerbes sur un plateau sur lequel un deuxième ouvrier étalait les épis après avoir défait la ligature de la gerbe.
Il poussait ensuite toute la couche vers la batteuse. Le grain tombait sur un plan incliné et allait remplir un sac, tandis que la paille allait s’amonceler un peu plus loin. Grâce à un va-et-vient continuel, les sacs étaient portés au grenier (après passage au ventaïré), dès qu’ils étaient pleins et la paille allait aussi à dos d’homme, à l’emplacement réservé à la meule qu’un ouvrier expérimenté dressait avec soin pour éviter un effondrement ultérieur. La meule terminée, on mettait de lourds branchages sur le sommet et pour que le vent ne puisse enlever la paille, on ratissait soigneusement les pentes pour que la pluie ne puisse pénétrer à l’intérieur.
Ce système remplaçait le battage au fléau maintenu alors pour le sarrasin ou les petits pois. Le battage du sarrasin ou des pois était une opération moins importante (que pour les grandes céréales) qu’on faisait avec le fléau. L’équipe de battage comprenait ordinairement quatre hommes qui tapaient en cadence avec leur fléau sur la récolte brute étendue sur l’aire, c’est-à-dire sur un sol horizontal, propre et ferme. Les fléaux s’abattaient régulièrement sur les plantes assez desséchées pour que les grains soient libérés sous le choc. Il en résultait un bruit très caractéristique : on pouvait situer le lieu du battage sans le voir. Les bustes des hommes suivaient les mouvements des outils ce qui, à la longue, entrainait une fatigue sérieuse.
Le sarrasin servait à l’alimentation des volailles et, en partie, après mouture, à la fabrication de galettes appréciées bien que privées de sucre, de beurre ou de confiture. La farine, délayée dans un peu d’eau formait une pâte presque liquide qu’on cuisait à la poêle. C’étaient les bons parissous.
Les pois à condition qu’ils ne soient pas charançonnés permettaient de faire des plats substantiels.
.Ce système sera remplacé au début du XXe siècle par une batteuse entraînée par une locomobile à vapeur, comme on la voit ci-dessous.


Par la suite, on remplacera la locomobile par un tracteur et même pendant la guerre par un moteur électrique.
Plus tard on ajoutera une presse pour faire des balles de paille. C’en sera fini des paillargues.
Nos arrivons à l’après-guerre de1945, et la famille Terral essaye de se distinguer. Henri Terral, l’oncle de Boissezon aura l’idée de réaliser en une seule machine la batteuse et la presse.
Joseph Terral père a construit et aménagé leur maison à Lafontblanque vers 1924 et c’est dans les ateliers construits en ce lieu que la première batteuse-presse a vu le jour en 1950 avec la complicité de Joseph Terral fils et de Henri Douau gendre, la menuiserie a été réalisée par Alfred Rascol, le tout supervisé par Henri Terral l’oncle Les premiers essais ayant été concluants, une recherche de constructeur s’en ai suivi.
On essaya de trouver un constructeur, mais l’heure était aux moissonneuses-batteuses et cette innovation venait trop tard.

