Les personnes qui font des recherches généalogiques se trompent sur le sens du mot voiturier mentionné dans l’état-civil (ou avant dans les BMS) pour indiquer la profession d’un de leurs ancêtres.

Un des auteurs les plus avertis de notre mémoire locale a écrit à propos de Jean Rascol, né à Cabannes en 1675, qu’il « étendit ses activités d’agriculteur à celle de voiturier, c’est-à-dire qu’il se procure des chevaux, s’équipe en matériel de roulage et organise une entreprise de transport.« 

En fait, à cette époque-là, il n’y avait pas de route pour aller au loin. La première grande route n’a été ouverte qu’en 1840, c’est l’actuelle 622, qui permettait d’aller vers Béziers avec une charrette. Auparavant, les transports à longue distance ne pouvaient se faire uniquement qu’à dos de mulet.

Ceux qui faisaient ce métier étaient appelés soit muletiers, soit voituriers. Ces termes signifient la même chose, voiturer voulait dire transporter, définissant ainsi la fonction du métier. De même aujourd’hui, pour nous, les mots voitures et automobiles veulent dire la même chose. Le premier veut dire que cela nous permet de nous transporter pendant qu’automobile qualifie le moyen de traction sans cheval.

Le mulet pouvait porter environ 50 kg sur son dos. Le voiturier marchait à côté de son mulet pour le guider. On allait chercher le vin au pays-bas en le mettant dans une peau de chèvre retournée. Il fallait faire attentions aux « tanocs » sinon tout le vin était perdu.

Les gens pouvaient être agriculteurs et aussi transporteurs (voituriers) pendant les moments creux ds travaux des champs et hors hiver. Les commerçants ou trafiquants (sans connotation péjorative) étaient forcément transporteurs.

Pour les transports importants en volume, par exemple pour aller aux foires de Pézénas ou de Montagnac, sous l’Ancien Régime, les voituriers s’y rendaient avec une caravane de neuf mulets, avec un homme en tête pour la guider et un autre avec le dernier mulet pour s’assurer qu’il n’y a pas eu une bête qui n’avait pas suivi celle qui l’a précédait et s’était égarée à un carrefour.

Après la création des routes au XIXe siècle, les transports à distance ont été faits avec des charrettes et ceux qui les conduisaient étaient appelés rouliers.

Mais après le règne de Napoléon III, le transport à longue distance se fait de plus en plus par voie ferroviaire, surtout pour les produits miniers, c’est-à-dire pour les tonnages importants.

Le convoi avec des camions date d’une centaine d’années. Adapté au transport rapide des matières périssables, il lance véritablement notre industrie charcutière.

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